Puré… J’y crois pas… Là, je viens de prendre 10 ans. Et dire que ce n’est même pas mon anniversaire… Chers lecteurs je vous sens au comble du paroxysme… Mais de quoi parle t’il, où veut-il en venir ? Installez-vous confortablement en sirotant un Jack, écoutez le crépitement de la cheminée, je vais vous raconter une histoire qui a commencé il y a vingt ans et qui s’est achevée hier…
Il y a vingt ans je rentrais pour la première fois dans les méandres du système scolaire français, sans savoir que je venais de signer pour y passer un quart de ma vie (bah ouais ça fait quand même)… mais paraît que j’avais pas vraiment le choix. Je pourrais vous dire que je me souviens avoir fièrement franchi la grille de fer forgé verte (oui tient d’ailleurs pourquoi est-ce-que les grilles d’écoles sont toujours vertes ???), mon premier cartable sur le dos et le vent dans les cheveux, mais en vrai je ne devais probablement pas avoir de cartable à la maternelle, pas assez de cheveux pour que le vent s’y engouffre et surtout en toute sincérité je ne m’en souviens pas (oui c’est moche je sais…).
Cependant je me souviens très bien de mon atterrissage au CP, chez M. Guigon. Le premier jour, j’avais emmené des petits animaux du zoo en plastique avec moi (surement était-ce l’éveil de mes tendances zoophiles futures) que mon instituteur (ou maître d’école comme vous préférez, d’ailleurs vous remarquerez que les années paires ils se font appeler instituteurs, et les années impaires maitres d’écoles, moi personnellement les années bissextiles je les appelle « glandeurs ayant 6mois de congés par an, et faisant grève les 6 autres restant ») m’avait confisqué (disons-le tous en cœur : « oh le salop » !). Mais rassurez-vous, Mars la menace avait compris le truc et était allé les rechercher discrètos à la récréation (je devais certainement trop regarder « Il faut sauver Willy » à l’époque pour autant vouloir récupérer mes cochonneries d’animaux en plastique). Premier jour et forcément baam première punition (apparemment M. Guigon était confisqueur mais pas vraiment préteur)… Je sentais déjà que mon parcours scolaire n’allait pas être sans embuche…
Les années suivantes furent baignées dans le club Dorothée (avec Ariane, Corbier, Jacky et celui dont on a jamais réussi à retenir le prénom tellement il était inutile), les pogs, et les cigarettes en chocolat… Trois trucs qui ont disparus. La première parce que Dorothée est probablement aujourd’hui en train d’entamer sa dix-neuvième cure de désintoxication (oui là vous pouvez me traiter de salop je le mérite), la seconde parce qu’avec du recul, jouer avec des bouts de cartons ayant une image dessus ça fait un peu ringard (et puis qui se rappelle des « kinis » ?) , et la dernière parce qu’avec du recul il paraît que ça incitait les gamins à fumer (avec du recul c’était peut être bien vrai). A l’époque j’écoutais les Spice Girl en trouvant ça super… Aujourd’hui elles ne sont plus que quatre, plus vraiment belles, et ce qu’elles chantaient était… arf non c’était pas mal soyons gentil.
Ensuite sont venues les années collèges (pile poil l’époque de la série éponyme). Là je voulait être grand, et subissais les influences de mes frangins. Marc me faisait écouter les Pet Shop Boys (c’est d’ailleurs à se demander comment j’ai fait pour ne pas rouler à gauche moi), eux aussi oubliés et remplacés par les Littlest Pet Shop (des pokemons roses, sans pouvoir et mignon à en gerber). Max, lui, m’a donné le goût de l’informatique (imaginez : en 95 il avait internet et dépassait les 3000Frs, eh oui Frs, de facture…). Mais les années collèges sont aussi synonymes de premier béguin, premier couché de soleil à deux au dessus d’une colline avec une légère brise de vent dans les cheveux… Quoi ça fait cliché ? Bon ok premier béguin, avec une fille pas trop jolie et un peu coincée (après tout je crois que moi aussi j’étais surement un peu comme ça)… Mais ça aura duré presque 3 mois… L’avantage à l’époque c’était l’absence de téléphone portable, puré on était libre, hein les mecs ! Les années collèges sont aussi une grande source de changement : on ne parle plus d’instituteurs mais de professeurs, plus d’évaluations mais d’interrogations…
Je me souviens, à l’époque il y avait Bob, mon journal intime. Je lui parlais des filles que je trouvais mignonnes : Angie, Gaëlle… Arf mais à l’époque (et même maintenant) je n’étais pas vraiment un tombeur… Il me manque Bob, et parfois je regrette de l’avoir jeté… Qu’est-ce que je me marrerais aujourd’hui en le relisant. C’était niais au possible.
Les années collèges c’était aussi des séries de grands (pour l’époque hein) : les Dawson, Hartley Cœur à vif… Que des trucs que les générations actuelles qualifieraient de has been (aïe aller, encore 5 ans de plus)…
Je ne suis pas prêt d’oublier les cours d’histoire de Rachid Boulma. Un excellent professeur moitié tyran et moitié clown, ça dépend des jours… Avec du recul je pense que ça dépendait de s’il avait eu sa gâterie la veille ou non… Imaginez un professeur qui raconte ses années militaires en se cachant sous le bureau et en lançant des boulettes de papier comme il lançait des grenades au front… Avec du recul je me demande quelle guerre il a bien pu faire, il devait avoir 30 ans à l’époque… Arf je pense qu’il devait juste finir la guerre des boutons.
Puis les automnes se sont succédés jusqu’en 2001 et ma rentrée au lycée… Enfin un grand (mais avec du recul c’était l’impression que j’avais déjà en rentrant au collège, et avec encore plus de recul on a beau être grand on est toujours le petit d’un autre, surtout Passe Partout d’ailleurs). Là, on ne parlait plus d’interrogations mais de DM, DS… Mais on parlait toujours de professeurs, bizarre…
On se sentait importants à l’époque : futur bachelier, libre d’esprit et faisant de la physique (un truc qui m’a toujours dépassé d’ailleurs… mais pourquoi le plomb tombe t’il aussi vite que la plume…). Ce fut aussi l’époque de mon premier amour : Sandrine. Une belle brune toute mimi… Tien mais qu’est-elle devenue… J’espère qu’elle n’a pas fini en désintox avec Dorothée…
Les années lycées c’était le fun. On se marrait et on avait que le Bac à passer… C’est vrai qu’à l’époque on faisait moins les fiers mais qu’est-ce que c’était bien. Maxime m’avait dit « ce sera les plus belles années de ta vie »… Puré c’était peut être vrai… Les plus belles années de ma vie seraient derrière moi ? Aller baam 10 ans de plus.
Quand j’y repense, le lycée c’était des groupes musicaux de merde : Kyo, Sally bat des ailes… , des blagues connes (je me souviens de ma première leçon d’anglais quand je suis allé à la fin du cours demander à ma professeur quand est-ce qu’elle accoucherait et qu’elle m’a dit en pleurant qu’elle n’était pas enceinte), des amis fantastiques (JD, un monument à mes yeux et Aurélie, dit Zora – enfin à l’époque, avant que l’on apprenne qu’en espagnol cela signifiait faire le trottoir – que j’ai rencontré bien plus tard mais qui m’a beaucoup appris), des cours de théâtre géniaux, des films que l’on trouvait drôle à l’époque et que l’on considère aujourd’hui comme des films d’ado boutonneux n’ayant pas connu le Biactol (tient ça existe encore ça aujourd’hui ?) comme American Pie II (un film gravé dans ma mémoire car je me suis fait plaqué pile au moment de la scène du baiser)… Bref c’était l’adolescence, et dire qu’aujourd’hui l’adolescence commence à 9 ans… Puré encore quelques années en plus…
Puis vinrent les années Sup’Est, (petite école de commerce post bac) qui furent le début de la vrai vie : habiter tout seul (se nourrir exclusivement de chips et pizzas, acheter des vêtements quand on en a plus de propres…), des soirées où l’alcool coule à flot (je me souviens de certains lendemains de soirée, comme le matin où je me suis réveillé dans mon couloir n’ayant pas trouvé mon appartement)… A l’époque, on était moins jeune qu’au lycée mais toujours aussi con. C’était la mentalité bobo made in Renaud : Manzana, manu Chao, … Mais c’était le début de la vie d’adulte. Les professeurs sont devenus les Monsieur et Madame (et encore ça c’était quand on les respectait sinon c’était des Jeff, Sylvie…), les DM sont devenus des partiels et des examens… C’était des cours marrants et enfin intéressants… Enfin, sauf les cours d’économie bien sûr, à se demander pourquoi j’ai passé un bac ES moi…
C’était aussi les soirées les uns chez les autres, les premiers stages, le bizutage (c’est un cap que tout le monde devrait passer que de marcher à 4 pattes en se prenant des œufs, du coca, de la farine et du thon dessus…), l’organisation très technique des techniques de pompes aux partiels…
Mais Sup’Est c’est aussi la réalisation d’un rêve. Quand on est gamin on rêve tous de se lever un matin et de se rendre compte que l’école a brulé. Ben c’est arrivé, et pas n’importe quand. Le jour des premiers partiels de première année… Oh le kiff… 3 semaines de vacances supplémentaires.
Puis ça a été le tour des années ICN, la rencontre avec Lauranne, la rencontre de gens bien, et d’autres beaucoup moins bien, des cours très compliqués (analyse des environnements macro-économiques des structures financières, politiques générales stratégiques des entreprises et leurs mises en place…), l’installation à deux (un cap tout de même), des soirées moins arrosées et plus culturelles… Bref le début de la fin…
Et la fin, parlons-en, elle a eu lieu hier… 14h46, le stylo est posé, je viens de noter le dernier point, de la dernière page, du dernier partiel de ma vie. Eh oui hier c’était la fin des partiels (bon après seulement trois épreuves). Partage entre nostalgie et peur. La fin d’une époque d’insouciance et le début d’une vie d’adulte et de responsabilités… Le partiel d’hier matin était prévu en 2h et fut réalisé en 10 minutes. Oui c’était prévisible en nous soumettant un QCM de seulement 22 questions… Hier après midi nous avons eu l’occasion de débattre (seul avec sa copie) sur la corruption et l’éthique… Et voilà c’est fini… Good bye… Maintenant je regarde devant moi et je vois le plateau, les caribous, et la neige québécoise (faut dire que c’est pas à Nancy que je vais la voir)… Mon avenir n’est plus ici… Il est avec Lauranne, à l’autre bout du monde…